Vitraux

jeudi 1er décembre 2016

Notre-Dame du Pré constitue pour le vitrail du 20ème siècle, une richesse exceptionnelle, car c’est le maître verrier Max INGRAND qui eut, après la Seconde Guerre Mondiale, la charge de refaire l’ensemble des vitraux, soit un total de 43, un seul ayant été épargné.

Il peut être vu, plus spécialement :

- Dans les bas-côtés, un ensemble de 12 vitraux reprenant l’idée médiévale de la représentation des paraboles, mais pour lesquels Max INGRAND s’est inspiré des dessins de Chagall, Matisse ou Braque.

- Le vitrail du transept nord dédié à Notre-Dame ; probablement inspiré d’un vitrail de la cathédrale de Chartres.

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Vierge

- Les trois vitraux situés dans le fond du chœur sont dédiés à la vie de Saint-Julien, ses miracles et ses funérailles.

- Celui consacré à la mémoire de l’abbé Bodereau qui fut guillotiné pendant la Révolution, et dont le dessin est d’un grand réalisme ; c’est un témoignage historique.

- Comme déjà signalé, cette église possède un vitrail du 15ème siècle, rescapé des événements de 1944, reprenant avec beaucoup de finesse le miracle de Saint-Julien.

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Miracles de St Julien

Max INGRAND

Le XX° siècle est particulier dans l’art du vitrail puisqu’on a souvent fait appel à de grands peintres (Chagall, Matisse, ou Braque) oubliant l’œuvre quotidienne des verriers, parmi lesquels Max INGRAND, considéré comme l’un des maîtres de la spécialité dans la seconde partie du XX°siècle.

Né en 1908 à Bressuire, Maurice (connu sous le prénom de Max) INGRAND, d’un père cheminot, a passé une partie de sa jeunesse à Chartres dont la cathédrale eut une importance décisive sur sa vocation.

En 1925, il entre à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs et fréquente parallèlement l’atelier de Jacques GRUBER, un des maîtres l’école de Nancy. II est diplômé en 1930 et crée sa propre entreprise, s’intéressant autant à l’art sacré qu’à l’art profane.

Dès 1937, il participe à l’Exposition Internationale des Arts et Techniques à côté des grands verriers de l’époque. Il présente un projet de verrière pour Notre-Dame de Paris.

C’est cependant la seconde guerre mondiale qui va changer son destin. Prisonnier en Saxe, il rencontre Jean GUITTON et surtout de nombreux ecclésiastiques qui feront appel à lui, à la libération, pour réparer les dommages causés par les bombardements, notamment à Laval, Hennebont, Rennes, dans les châteaux de la Loire… et à Yvetot où il réalise la plus grande verrière d’Europe (près de 800 m2).

Max INGRAND devient alors le plus grand verrier de l’époque, avec un outil de production incomparable, unique en France, employant 70 ouvriers, tant la demande est grande.

Les vitraux de Notre-Dame du Pré

Si on lui attribue tantôt l’influence de Picasso, tantôt celle des peintures du Moyen-Age, il restera toujours fidèle aux techniques médiévales.

En 1944, tous les vitraux de Notre-Dame du Pré sont soufflés lors du bombardement du pont Yssoir et c’est naturellement, grâce aux relations nouées en captivité, que l’on fera appel à lui pour les remplacer.

De 1948 à 1954, il créera successivement les trois verrières retraçant l’histoire de la paroisse, puis entre autres la verrière de Notre-Dame (qui rappelle très nettement celle de Chartres) et celle du Christ-Roi, et surtout le chemin de Croix.

On retrouve-là, avec les douze grandes paraboles, à la fois les traces de l’art médiéval et l’adaptation à un style plus moderne, moins archéologique, dira-t-on.

Si bien que lorsque les spécialistes évoquent Max INGRAND, la verrière de Notre-Dame, au Pré, est considérée comme son œuvre la plus représentative.

Max INGRAND est décédé en 1969.