« Assidus à la communion fraternelle… » (Ac 2,42) - rmouest.fr

« Assidus à la communion fraternelle… » (Ac 2,42)

lundi 5 octobre 2020

Par temps de pandémie les chrétiens peuvent-ils encore vivre cette communion fraternelle demandée par Jésus (« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ») ?

Si la réponse dépend des autorités publiques et de la stricte application de normes sanitaires, autant répondre « non… pour le moment ».
En ce cas, il nous faudrait, le cœur gros, suspendre cette communion et cette communication fraternelles, en attendant des jours meilleurs pour elles.
Certes, il nous reste la prière. Aucun État, même dictatorial, aucune académie de médecine, aucun lobby ne pourront prétendre qu’une prière met en danger la vie physique de ceux et celles pour qui prient les croyants d’une religion.
La fraternité par la seule prière, jusqu’à la levée de toutes les mesures sanitaires ?
Il y a encore le téléphone et internet. Vive le progrès, qui permet un type de communication non contagieux sur le plan médical ! Ne nous en privons donc surtout pas, tout particulièrement auprès des personnes « à risques » comme on dit pudiquement.

Je pense aux personnes en maisons de retraite. Un léger assouplissement réglementaire de leurs conditions de vie autorise des visites, limitées et encadrées. N’hésitons pas, si nous sommes en bonne santé, à offrir l’une ou l’autre de ces petites visites à nos anciens, sollicitées et négociées avec les directions des établissements. Même masqué, Zorro sera toujours le/la bienvenu/e, il suffira de voir s’éclairer de joie les yeux de celle ou de celui qui nous accueille.

En effet, la pandémie a propulsé au premier rang des priorités la sauvegarde de la vie biologique, physiologique. Mais n’oublions pas que tout être humain dispose de 4 composantes de vie : physiologique, mentale, relationnelle et spirituelle. Préserver à tout prix la première ne risque-t-il pas d’éteindre les trois autres et, à terme, d’éteindre la personne entière elle-même ?

« J’étais isolé/e dans ma petite chambre, et vous êtes venus me visiter au grand air dans le jardin ». Merci !

P. Bruno DELAROCHE